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Jean-Christian Bourcart : pulsion de voyeurisme Flâner

Jean-Christian Bourcart
Au défilé de mode
Paris, 1989

Les premiers pas de Jean-Christian Bourcart à Libération donnent le ton
d’une vision singulière du photojournalisme. Dans les années 1980, on s’éloigne
du message originel du journal fondé par Jean-Paul Sartre en 1973 : « Peuple, prends
la parole et garde-là ». Le journal, qui avait suspendu une première fois sa parution,
reparaît le 13 Mai 1981, quelques jours après l’élection de François Mitterrand
à la présidence de la République. Le journal connaît alors une période euphorique.
En pleine récession économique, le quotidien “social-démocrate à tendance libertaire”
épouse et rend compte des transformations culturelles de la gauche française.
Porte-voix de la petite-bourgeoisie urbaine, Libération atteint son pic de diffusion
en 1988, avoisinant les 200 000 exemplaires.

La culture est la grande affaire du journal, ce qui le rend “indispensable” à un lectorat
exigeant dans ce domaine. Si le ton est donné par la “Une” accrocheuse, souvent
provocatrice, la photographie procure une forme originale à un projet éditorial unique
dans la France des années 1980 et 1990. La photographie à Libération n’a rien
d’un exercice de style. Les photographes sont peu nombreux à connaître les références
de la maquette, “VU” n’est plus qu’un modèle pour Christian Caujolle, l’initiateur
de la politique photographique du titre. Les photographes revendiquent d’autres
influences. L’époque est au Rock-n-Roll, au punk en particulier, les soirées
s’enchaînent dans les boîtes, la sexualité y est exacerbée, on y parle littérature
underground, les drogues font partie du paysage, telles sont les sources
d’une inspiration que des rédacteurs encouragent et soutiennent. La relation
image/texte est orchestrée par des journalistes qui n’entrevoient pas de césure
entre leur vie personnelle et leur fonction journalistique. Serge Daney et mon ami Michel Cressole,
Hélène Hazéra, Alain Pacadis, au grand dam de Serge July, fabriquent un objet
quotidien qui relève plus du magazine !

Jean-Christian Bourcart
Grace Jones
1989

Le photographe de Libération est maître du temps. Il est ce faiseur d’images,
défendu par Christian Caujolle, directeur du service photographique de 1981 à 1985, à l’opposé du simple illustrateur souhaité par l’ensemble des rédactions.
L’image est en dialogue avec le texte. On ne parle plus sommairement en termes de légendes. Le commentaire et l’image ne font qu’un parce que complémentaires...Suite

Jean-Christian Bourcart
Manifestion CGT
mai 1988

Jean-Christian Bourcart
Une excuse pour regarder, archives 1980-2000

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vernissage / vendredi 15 juin à 19h